13/01/2007

La traite des fourrures

Avec le développement du commerce des fourrures, les castors se firent de plus en plus rares. Les Indiens qui fournissaient les peaux, victimes des guerres tribales et des épidémies, devinrent également plus difficiles d'approche. Vers l'ouest, de grands espaces vierges où les fourrures étaient encore abondantes attendaient les aventuriers. Une nouvelle génération de coureurs de bois naquit pour aller au-devant de ces richesses.
Un riche commerçant finançait l'expédition, achetait le canot en écorce, la pacotille, les vivres et embauchait un équipage d'une dizaine d'hommes que l'on nommait des voyageurs. L'équipe était constituée d'un guide, d'un conducteur de canot, d'un interprète, d'un commis et d'un équipage souvent débutant. La navigation était difficile et dangereuse, car le moindre choc contre une rocher ou un bois flottant crevait l'écorce, ce qui gâchait les vivres. Tous les soirs, le canot était déchargé, sorti de l'eau, inspecté et réparé. Les journées étaient longues puisqu'ils partaient tôt le matin et ne s'arrêtaient que tard le soir. Les efforts étaient d'autant plus éprouvants que la nourriture consistait en une bouillie de maïs accompagnée d'un peu de graisse. À l'automne, avant les premiers frimas, ils choisissaient un lieu d'hivernement sûr, à proximité d'un village indien et d'un lac ou d'une rivière où ils pourraient pêcher pour assurer leur subsistance. Ils construisaient un fort et des logis, le tout sous la direction du commis. L'installation terminée, ils commerçaient tout l'hiver avec les Indiens et collectaient les fourrures des tribus, même lointaines, organisant pour ce faire de nombreuses expéditions. Au printemps, les canots chargés de fourrures reprenaient la route de Montréal. L'arrivée en ville des équipages donnait lieu à de nombreuses réjouissances et beuveries. Beaucoup de voyageurs se mettaient à leur compte et illégalement, commerçaient la fourrure. Le plus grand nombre prenait femme chez les Amérindiens. Refusant toutes contraintes, ils préféraient la vie sauvage au retour à la ville, ce qui affaiblissait considérablement la jeune colonie et inquiétait les autorités qui essayaient par tous les moyens de freiner l'exode. L'Outaouais était l'un des lieux de passage obligé des coureurs de bois qui profitaient de leur halte au portage de l'Île-du-Grand-Calumet pour se recueillir sur la tombe du plus célèbre d'entre eux :

23:05 Écrit par gisella56 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l_aigle_et_le-bison |  Facebook |

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