13/01/2007

L’astronomie amérindienne

L’astronomie amérindienne

 

            Les tribus amérindiennes partagent toutes la croyance d’une unicité au sein du cosmos. Les plantes, arbres, roches, ruisseaux, animaux, insectes, poissons, humains et même le Soleil, la Lune et les étoiles sont tous inters reliés. Les Amérindiens croyaient également que les éléments du cosmos n’étaient pas statiques, mais plutôt en mouvements et transformations constants. Le ciel et la terre représentaient deux mondes distincts ou occasionnellement, des créatures célestes surnaturelles pouvaient visiter le monde terrestre.

 

            Cependant, les groupes amérindiens ne s’entendaient pas tous sur la provenance de l’origine de la vie. Pour les Pawnees, les Bella Coola et plusieurs autres tribus, le ciel était la source de la vie en soi. Cependant, pour les Kiowas, les Navajos et les Pueblo, l’émergence de la vie se serait faite à partir du monde souterrain. Le ciel demeure néanmoins un guide spirituel important pour tous les peuples nord-américains. Les penseurs amérindiens voyaient le ciel comme une source de stabilité et de déplacements réguliers.

 

            Chacun des peuples indigènes d’Amérique du Nord vouait un intérêt particulier au ciel selon leur mode de vie et l’emphase qu’ils investirent dans l’observation astronomique en fut grandement influencée. L’un des aspects les plus intéressants de l’astronomie amérindienne réside dans le fait que plusieurs tribus étaient encore des chasseurs et des trappeurs. Ce trait est très contrastant avec les autres cultures anciennes qui ont développé la pratique de l’astronomie après être passé d’un mode de vie nomade à un de sédentaire reposant sur l’agriculture.

 

            Un autre trait commun au peuple amérindien est leur absence d’intérêt dans la détermination du temps. Les peuples natifs ne possédaient aucune horloge ou calendrier. Le temps était donc établi avec l’observation des inondations, de l’arrivée des fraises ou du réveil des ours après leur longue hibernation. La seule observation à laquelle les tribus indigènes d’Amérique du Nord vouèrent un certain intérêt est le cycle lunaire. Les premiers signes d’observations astronomiques à avoir été retrouvés sont des roches, des os ou des gravures qui ont été sculptés avec des correspondances aux cycles lunaires. Chaque cycle lunaire était ensuite nommé en fonction de l’activité principale qui s’y déroulait à cette époque de l’année.

 

            Plusieurs ruines astronomiques sont aujourd’hui encore présentes dans les Etats-Unis actuels. Parmi elles, les ruines de Newark, Ohio sont aussi impressionnantes et plus grandes que les ruines de Stonehenge en Angleterre. Ce site est constitué de plusieurs monticules de terre ayant la forme de cercles, de carrés et d’octogones disposés de manière à vénérer la Lune. Cette construction fut achevée vers 250 A.D. Les archéoastronomes ont découvert que des lignes de visés situées vis-à-vis les coins d’octogones, les allées et les diagonales des carrés indiquaient tous, avec une précision remarquable, la position des levers et couchers lunaires. Certains archéoastronomes croient que les carrés, les cercles et les octogones témoignent la croyance des Hopewells dans une harmonie céleste géométrique. Ainsi, les anciens peuples du Nouveau Continent voyaient dans le ciel un espace spatial à travers lequel les différents astres évoluaient. Les Amérindiens n’avaient cependant aucun intérêt dans l’établissement des quatre points cardinaux.

 

            Parmi les reliques que nous avons retrouvées en Amérique du Nord, la plus connue est le pétroglyphe situé près du sommet du Fajada Butte dans le canyon Chaco au Nouveau-Mexique. Ce pétroglyphe est une spirale d’une trentaine de centimètres de diamètre qui est située derrière des plaques rocheuses d’environ trois mètres de hauteur. En 1977, l’artiste Anna Sofaer découvrit que la lumière passant à travers la paire de roches créait à une certaine époque de l’année, une forme de poignard sur la spirale. Au solstice d’été, juste avant midi, un cercle lumineux se dessine au dessus de la spirale. Ce cercle se développe ensuite en forme de poignard perçant le centre de la spirale pour ensuite disparaître.

 

             Un autre pétroglyphe Chaco qui reçut énormément d’attention est une inscription faisant référence à un événement majeur qui se produisit très tôt dans le mois de juillet 1054. Une supernova explosa dans le ciel et fut visible par les multiples civilisations de cette époque pendant plus de 23 jours consécutifs. Un autre relevé de cet événement fut retrouvé inscrit sur un bol de céramique datant de la même époque et provenant de la vallée du Mimbres dans le sud-ouest du Nouveau-Mexique. L’inscription que nous pouvons observer sur le bol montre un croissant de Lune à côté d’un disque ayant 23 pointes, le même nombre de jours que la supernova fut visible.

 

 

 

 

            L’un des relevés les plus complexes jamais retrouvé de l’histoire des anciens peuples du nouveau continent est un atlas de constellations inscrit sur une peau qui nous provient des Pawnee dans les territoires du Kansas. Une légende raconte que cette carte céleste était utilisée pour recouvrir une roche météoritique sacrée. Ce planisphère contient plus d’une centaine d’astres ou nous pouvons facilement reconnaître quelques constellations modernes, tels que la petite et la grande ourse, Cassiopée, les Pléiades, Orion, la Couronne Boréale et même la Voie Lactée.

 

            L’inscription d’événements célestes était des documents sacrés possédant de puissants pouvoirs. Tous ces événements ainsi que les différentes constellations reconnues par les anciens peuples amérindiens étaient associés à des légendes. Pour ces peuples, les étoiles représentaient les toutes premières respirations du Créateur. Par exemple, la constellation du Lakota ou la partie inférieure de la constellation d’Orion était associée à un puissant chef qui perdit l’un de ces bras. Rigel était la pointe de son index et Beta Eridani celle de son petit doigt. La fille de ce puissant chef aurait ensuite dit qu’elle mariera l’homme qui pourra retrouver le bras sectionné par les hommes du tonnerre. Un homme né d’une mère terrestre et d’un père céleste, figuré par une étoile filante se proposera pour relevé le défi. Il voyagera à travers les communautés célestes et terrestres afin d’y acquérir différents pouvoirs en cadeaux des esprits qu’il rencontrera. Il finit par rejoindre les hommes du tonnerre et leur saisit le bras perdu pour ensuite gagner la jeune fille.

 

            L’idée derrière cette histoire est de faire surgir des questionnements dans l’esprit des amérindiens. Pourquoi les hommes du tonnerre perquisitionnèrent le bras du puissant chef ? Le conteur leur racontait ensuite que le comportement irraisonnable du chef est la raison pour laquelle les dieux sont intervenus et volèrent son bras. Mais pourquoi lui est-il permis de le retrouver ? C’est que l’harmonie entre les dieux et les humains doit être restaurée. Cette harmonie ne peut s’atteindre que par les générations futures. Ainsi, tout comme le bras du chef, les puissances régénératives de la nature ne peuvent être restaurées que par l’intervention de l’homme. En conséquence, lorsque la main du chef disparaît du ciel, cela annonce aux hommes qu’il est temps de fertiliser les champs de plantations.

22:33 Écrit par gisella56 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l_aigle_et_le_bison |  Facebook |

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