28/08/2006

"Nous devons comprendre nos peuples indiens"

A peine investi à la présidence de la République -alors que des milliers de Boliviens dansaient et chantaient dans les rues de la Paz, d'El Alto, d'Oruro et de Cochabamba pour fêter la chute de Sanchez de Lozada- Carlos Mesa déclarait à la tribune du Congrès: "La Bolivie n'est toujours pas un pays égalitaire. Nous devons comprendre nos peuples, nos (Indiens) Quechuas et Aymaras". (Plus de 60% des Boliviens sont amérindiens, mais la gauche ethnique d'Evo Morales et Felipe Quispe n'a réuni que 27% des votes à la présidentielle de juin 2002. Les 21,9% d'Evo Morales talonnaient néanmoins les 22,4% de Sanchez de Lozada).

Les barrages routiers d'Evo Morales (premier plan) et de ses cocaleros contribuèrent au succès de la "guerre du gaz"

Carlos Mesa souhaite convoquer des élections anticipées, avant donc la fin, en 2007, du mandat présidentiel dont il vient d'hériter. Il a promis un référendum au résultat contraignant sur la gestion du gaz naturel et la convocation d'une Assemblée constituante pour "refonder la Bolivie", deux revendications des opposants à l'ex-président Sanchez de Lozada.

Aussi l'Aymara Evo Morales recommande-t-il désormais de "laisser respirer" le nouveau pouvoir (qui reste à définir, Carlos Mesa n'ayant pas de parti propre) dans l'attente de la concrétisation de ses promesses. Un autre Aymara influent, Felipe Quispe, demande au préalable, pour démobiliser totalement ses combattants de la "guerre du gaz", des gages quant à la prise en compte d'une liste de 72 revendications du monde agricole autochtone.

"La guerre du gaz" avait été déclenchée à la mi-septembre à coup de barrages routiers et de manifestations par la Confédération des travailleurs agricoles de Felipe Quispe, député du mouvement indien Pachakuti. Il avait rapidement été renforcé par la Centrale ouvrière bolivienne (COB, principal syndicat) de Jaime Solares et par la force de frappe d'Evo Morales, député du Mouvement vers le socialisme (MAS, premier parti d'opposition ) et, surtout, porte-parole de 30.000 familles de combatifs cultivateurs de la coca (matière première, entre autres, de la cocaïne). Des collectifs de professeurs, d'étudiants, de commerçants, de mineurs, etc., ainsi que des comités de quartier, surtout à El Alto (ville satellite de La Paz où la répression fut la plus sanglante) avaient ensuite grossi le mouvement.

19:24 Écrit par gisella56 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l_aigle_et-le-bison |  Facebook |

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