28/08/2006

Des Amérindiens optent pour l’écotourisme

 

En développant un écotourisme qu’elles maîtrisent, des communautés indigènes, en Amérique mais aussi en Afrique australe, s’assurent des revenus tout en protégeant leur culture et leur environnement.

 

Au cœur de la forêt humide de l’Equateur, à 45 minutes à pied de leur village, un petit groupe de Huaoranis, peuple amérindien de l’Amazonie, a construit une case au toit de palmes pour huit personnes. Un seul groupe de touristes par mois est accepté, pour deux à six jours: les Huaoranis craignent qu’une grande affluence ne menace leur style de vie traditionnel de chasseurs-cueilleurs et n’introduise de fâcheuses habitudes de consommation.
Mais, pendant ce bref séjour, on accorde la plus grande attention aux visiteurs. Les représentants de la communauté les accueillent à leur arrivée et discutent avec eux de leurs problèmes écologiques et sociaux. Au cours de cette première réunion, chaque touriste paye le prix de ses nuitées au chef de la communauté, qui répartit l’argent entre toutes les familles. Les salaires des divers employés (guides, agents d’entretien, pilotes de canoë, etc.) sont fixés au double de ce qu’ils gagneraient en travaillant pour les compagnies pétrolières, principale source alternative de revenu. Les guides huaoranis accompagnent leurs hôtes en randonnée et leur font découvrir les plantes médicinales, l’écologie de la forêt humide, la relation qu’ils entretiennent avec l’environnement, et l’artisanat local. Les touristes sont invités, de retour chez eux, à faire connaître les efforts des Huaoranis pour défendre leur terre et leur culture. Cette initiative a suscité des dons, qui ont financé des ateliers de formation, des stations de radios ou des panneaux solaires.
Ce projet a reçu le prix du meilleur programme d’écotourisme à l’Expo Tourism de Berlin en 1998. Il a fallu neuf mois de réunions de réflexion et de mise au point parmi les Huaoranis pour élaborer une stratégie détaillée, en étroite association avec TROPIC Ecological Adventures. Ce tour-opérateur, qui a une longue expérience de travail avec les communautés indigènes, avait notamment attiré l’attention du monde sur le contentieux entre les Huaoranis et l’industrie pétrolière. Ils ont défini leurs propres règles sur le tourisme, mais ils se sont aussi assuré, grâce à ce partenariat, une vitrine indispensable sur le marché international du voyage. En développant l’écotourisme autogéré, ils se sont aussi ouvert d’autres horizons: ils n’avaient le choix auparavant qu’entre travailler dans le pétrole ou dans l’exploitation forestière.

19:47 Écrit par gisella56 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : l_aigle_et_le-bison |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.